Escalier d’occasion

Escalier d'occasion

Quel vent le pousse, lui que la bougie de sa langue éclaire par les escaliers de l’occasion ?
André Breton – Poisson soluble (1924), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996

La ville endormie

La ville endormie

L’hiver, la ville endormie
Au printemps, la cité embellie

 

Il neige…

Il neige

« Il neige du duvet d’oreiller »
Félix Leclerc

 

Une montagne au loin

Les montagnes au loin

Les montagnes au loin –
reflet dans les prunelles
d’une libellule
Yosa Buson (Haiku, trad. Corinne Atlan et
Zéno Bianu, p.145, nrf, Poésie/Gallimard, 2002)

 

Chat qui veille, chat qui dort

Chat qui veille, chat qui dort

Le chat semble mettre un point d’honneur à ne servir à rien, ce qui ne l’empêche pas de revendiquer au foyer une place meilleure que celle du chien. Il est un ornement, un luxe.
Michel Tournier – Le miroir des idées, p. 39, Folio n° 2882

 

Vie de quartier

Dans un quartier de montréal

Voyager, c’est découvrir des hommes, c’est les regarder vivre,
communiquer avec eux et apprendre à les apprécier. Je fais des voyages passionnants ainsi,
dans mon quartier, sans quitter ma maison
Alice Parizeau – Les militants

 

Pour quelques minutes de gloire

Pour quelques minutes de gloire


Chaque bonne réalisation, grande ou petite, connait ses périodes de corvé et de triomphe; un début, un combat et une victoire.
Mohandas Karamchand Gandhi

 

Avenir et brouillage

L'avenir


L’avenir est un miroir sans glace.
Xavier Forneret

 

Les amis de l’hiver

Les amis de l'hiver

L’hiver n’a pas beaucoup d’amis ; que lui importe? Il a ses rigueurs
Anne Barratin – Chemin Faisant, p. 127, Lemerre, Paris, l894

 

Les vieux

Les vieux

L’absence est d’une incommensurable cruauté

 

Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœoeur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends

Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend

Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent par la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit : je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend

Jacques Brel